Montségur : le dernier refuge des cathares
Perché à 1 207 mètres d’altitude dans les Pyrénées ariégeoises, le château de Montségur est le symbole ultime de la résistance cathare. C’est ici, en mars 1244, que s’est jouée la dernière scène d’une tragédie qui a duré trente-cinq ans.
La forteresse du Saint-Graal cathare
Dès le début de la croisade albigeoise en 1209, Montségur devient un refuge pour les parfaits cathares traqués. En 1232, l’évêque cathare Guilhabert de Castres en fait officiellement la capitale religieuse du catharisme. Des centaines de croyants et de parfaits s’y réfugient, formant une communauté à part entière sur ce piton rocheux. La forteresse est pratiquement imprenable : accès unique par un sentier escarpé, falaises à pic sur trois côtés.
Le siège de 1243-1244
En mai 1243, une armée royale et ecclésiastique met le siège devant Montségur. Les défenseurs, environ 400 personnes dont une centaine de guerriers, résistent dix mois. En mars 1244, les vivres épuisés et les positions défensives débordées, le sénéchal de Carcassonne négocie la reddition. Les défenseurs obtiennent quinze jours de trêve avant de se rendre.
Le 16 mars 1244, 220 parfaits cathares qui ont refusé d’abjurer descendent de la forteresse et sont brûlés vifs dans un pré au pied du pog. Ce lieu, le « Camp des Crémats », est marqué d’une stèle commémorative. Certains parfaits se seraient convertis in extremis au catharisme dans la nuit précédant le bûcher pour mourir dans leur foi.
Visiter Montségur aujourd’hui
Le château actuel, reconstruit après la croisade, n’est pas celui qu’ont défendu les cathares. Il fut bâti par les seigneurs catholiques qui récupérèrent le site. La montée depuis le village prend 45 minutes sur un sentier parfois raide. Le musée du village, récemment rénové, présente les fouilles et les objets découverts sur le pog : pièces de monnaie, bijoux, outils du quotidien. En été, des visites nocturnes sont organisées. Coordonnées : Montségur, 09300 Ariège.