Blaise de Montluc : le maréchal de fer de la Renaissance occitane
Blaise de Montluc est l’une des figures militaires les plus remarquables du XVIe siècle français. Gascon de naissance, serviteur de six rois de France, auteur des Commentaires — premier grand mémoire militaire de la littérature française — il a passé sa vie sur les champs de bataille et dans les guerres de religion.
Un Gascon au service du roi
Né vers 1500 dans le Gers, Blaise de Lasseran-Massencôme, dit Montluc, s’engage très jeune dans les guerres d’Italie. Il sert François Ier, Henri II, François II, Charles IX, Henri III. Blessé plus de trente fois au combat, il survit à des défaites et des victoires qui l’ont formé en chef de guerre pragmatique et brutal. La bataille de Cérisoles (1544), où il joue un rôle décisif dans la victoire française, lui vaut sa première grande réputation.
Lieutenant du roi en Guyenne
C’est pendant les guerres de religion que Montluc acquiert sa sinistre notoriété. Nommé lieutenant du roi en Guyenne en 1562, il est chargé de maintenir l’ordre catholique dans une région où le protestantisme progresse rapidement. Sa répression est implacable. Il fait pendre, brûler et noyer protestants et suspects par centaines. Michel de Montaigne, qui l’a connu, écrit que « sa cruauté était grande ». Les protestants le surnomment le « boucher de Guyenne ».
Les Commentaires : une œuvre littéraire majeure
À la fin de sa vie, défiguré par une arquebusade reçue au siège de Rabastens en 1570 qui lui a emporté une partie du visage, Montluc dicte ses Commentaires. Cette autobiographie militaire, publiée en 1592, est un document historique exceptionnel et un chef-d’œuvre littéraire. Henri IV la recommandait à ses officiers comme « la bible du soldat ». Elle est aujourd’hui disponible en édition Folio Gallimard. Montluc est mort en 1577, maréchal de France, dans son château de Estillac près d’Agen.