Henri de Toulouse-Lautrec : le génie d’Albi entre Montmartre et Occitanie
Il est né à Albi en 1864, dans l’une des plus vieilles familles aristocratiques du Languedoc. Il est mort à 36 ans, dans le château de son enfance en Gironde, épuisé par l’alcool et la maladie. Entre ces deux dates, Henri de Toulouse-Lautrec a révolutionné le graphisme, inventé l’affiche moderne et capté comme personne la vie de Montmartre à la Belle Époque.
L’enfance albigeoise et la rupture
Les deux fractures des fémurs subies en 1878 et 1879, qui empêchent ses jambes de croître normalement, orientent radicalement la vie de Toulouse-Lautrec. Conscient qu’il ne pourra pas mener la vie d’un gentilhomme campagnard comme son père, il se consacre entièrement à la peinture. En 1882, il monte à Paris et s’installe à Montmartre, quartier de la bohème artistique. Il ne reviendra à Albi que pour de courtes vacances.
L’affiche, art nouveau
En 1891, Toulouse-Lautrec réalise pour le Moulin Rouge sa première grande affiche — La Goulue et Valentin le Désossé. Cette affiche, tirée à 3 000 exemplaires et collée sur les murs de Paris, révolutionne le graphisme. L’artiste y emploie des aplats de couleurs franches, des silhouettes synthétiques et une composition audacieuse directement influencée par l’estampe japonaise. En cinq ans, il réalise 31 affiches qui constituent l’ensemble le plus important de l’histoire de l’affiche lithographique.
L’héritage
L’influence de Toulouse-Lautrec sur l’art graphique et la publicité du XXe siècle est considérable. Andy Warhol lui doit beaucoup. Le pop art lui emprunte ses aplats et ses couleurs vives. Le musée Toulouse-Lautrec d’Albi, installé dans le Palais de la Berbie, conserve la plus grande collection mondiale de ses œuvres — plus de 1 000 peintures, dessins et affiches.